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Petite histoire de la beauté

Hier avait lieu le lancement de la Beauty School par My Little Box la nouvel évènement immanquable de cette rentrée. Au programme : retour sur 40 000 de beauté. En tant qu’expertes de la beauté et éternelles curieuses toujours en recherche de se perfectionner, nous y étions, forcément ! Une conférence donnée par Philotée Gaymard, journaliste entre autres pour Usbek & Rica, qui revenait sur cette notion si subjective, sociale, politique, culturelle et féministe qu’est la beauté. En tant qu’anciennes de l’ISIPCA, cette conférence donnait un petit air de nostalgie des cours de Elisabeth De Feydeau qui nous racontait aussi l’histoire de la beauté en parallèle de l’Histoire. Petit résumé de la beauté occidentale et féminine en 4 étapes.

Le beau #1 : De la création du monde …

Durant le Paléolithique supérieur, la beauté se résume aux corps fertiles, synonymes de pro-création. Ce qui est beau est rond et rend la vie possible.

Pendant l’antiquité, les canons de beauté sont doubles. En Egypte, c’est le culte des reines, elles sont jeunes et ont les traits fins. Surtout, elles doivent être belles pour obtenir des interactions sociales. En Grèce, les corps sont athlétiques, ils symbolisent la finesse & la force.

Au Moyen-âge, la peau doit être blanche. Souvent associée à une diablesse, la femme ne peut montrer que le haut de son corps et se veut très pudique, très virginale, comme si elle était un don absolu de Dieu.

À la Renaissance, les corps se font plus mathématiques, géométriques voire scientifiques. L’élite définit ce qui est beau. Ce qui importe c’est l’attitude : un homme beau doit être fort, une femme belle doit le séduire, avec une forte attitude de soumission. Quant à elle, elle représente le « beau sexe ».

Durant l’Ancien Régime, la beauté se veut pleine d’artifices : on met en valeur les veines, le teint très pâle voire fardé. Le geste beauté par excellence est la poudre.

Le beau #2 : … Et la Lumière fut !

Pendant la Révolution, le beau se fait plus proche de la nature. Déjà, on dit stop au maquillage. En effet, le beau est plus dans la manière que dans le paraître.

Le XIXème siècle voit apparaître 2 canons de beauté radicalement différents : la maman & la putain. D’un côté, la première est une bourgeoise molle & douce, elle glorifie le naturel de façon sobre. Tandis que la seconde est la « belle malade » . On valorise donc les vertus maternelles et en même temps on ouvre des maisons close. La beauté, la sexualité, le plaisir sont sous contrôle et la femme est marginalisée socialement, tandis que l’homme beau doit être intellectuel. En parallèle et avec la colonisation, on découvre les beautés orientales qui fascinent, se fantasment mais suscitent aussi le racisme. Surtout, on découvre le NOUS & l’AUTRE.

Le beau #3 : Du XXème siècle … 

Les années folles marquent une étape importante de l’histoire de la beauté. Pour la première fois, elle est plus libre puisque le corset disparaît pendant que les pantalons pour femmes font leur apparition. Le beau est festif, spontané. Mais il demeure soumis aux diktats de la jeunesse et de la minceur, et bientôt du bronzage (avec l’apparition des congés payés).

Les 30 glorieuses sont synonymes de volupté (représentée Marylin Monroe) après les privations dues aux guerres. C’est aussi le début des playmates.

Dans les années 60, la femme belle est encore amaigrie. Effectivement, elle doit ressembler aux barbies ou montrer son corps en bikini & en mini-jupes. C’est l’époque des corps brindilles et des coupes garçonnes. Les magazines féminins apprennent de le contrôle de soi. Ainsi le slogan de Vogue vante « une jolie fille est un accident, une belle femme est un accomplissement ».

Pendant les 80’s, la beauté se fait plastique pour avoir un corps parfait. On pratique le fitness pour avoir un corps musclé. Et puis, on maîtrise son image, parfaitement.

Durant les 90’s, c’est l’ère des super models, de véritables stars auxquelles toutes les femmes essayent de ressembler. Finalement, une beauté EXTRAordinaire.

En 2000, le beau est insouciant & artificiel. On abuse de l’autobronzant et de l’épilation des sourcils. Enfin, les diktats sont plus forts que jamais.

Le beau #4 : … À nos jours !

Toute cette évolution nous amène au beau de 2019 et à la grande tendance du retour au naturel, comme le montre le mouvement #nomakeup et l’explosion des marques naturelles & Bio.

Le beau est plus vrai. Il est pluriel et individuel. Singulier et identitaire.

Et surtout, les diktats ne sont plus érigés par les élites mais totalement horizontaux : un grand merci aux influenceuses beauté qui y ont fortement contribué !

On refuse d’être dans une seule case.

C’est la fin de l’hégémonie de la femme belle donc blanche, jeune et mince.

On invente « sa manière à soi » tandis que les médias influencent toujours fortement notre vision et nos achats. 

Et demain ? Toujours plus de diversité / inclusivité, de non-genré / transgenre, de transhumanisme / bionique ! La beauté en « art de soi » : bien loin de la femme fertile donc belle, bien loin de la notion de pro-création. Chez CUB, la beauté est passionnée et engagée : ce sont nos deux seuls critères et nous les diffusons fièrement !